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Bricolé par Vinzzz, à 09:13 dans la rubrique "Photo".

Commentaires :

  Fred
27-04-07
à 00:00

Quitte à ce qu'elle gagne un jour...

Un double constat me pousse ici à m’exprimer :

 

1/ Depuis ces tout derniers jours, je décèle un phénomène singulier autour de moi. Y aurait-il un syndrome Besson ? Aussi fou que cela puisse paraître, je perçois, aussi bien à la lecture de la presse que dans mon entourage, qu’une partie de « sympathisants » de gauche, partisans PS ou partisans royalistes (je pense que la distinction est essentielle) ont une curieuse tendance à basculer vers un soutien de Nicolas Sarkozy (!) On peut donc faire plus absurde que voter Bayrou après avoir pris sa carte du PS pour voter Royal aux primaires socialistes…

 

2/ Par ailleurs, j’observe, non sans agacement, et ce depuis plusieurs semaines, un acharnement obsessionnel contre Nicolas Sarkozy, contre son bilan, contre son programme, globalement contre les valeurs qu’il représente, et peut-être au moins autant contre sa personne : ses gestes, son langage, sa famille, son nom… sa taille, etc.

 

Pour ma part, si l’ensemble des critiques formulées me semblent (hormis celles sur son nom et sa taille, que je trouve particulièrement déplacées) justifiées, je suis consterné par le manque de mesure de l’ensemble de ces propos, qui jamais ne sont placés à la lumière du programme, des idées et  des valeurs de sa rivale, Ségolène Royal.

Depuis des semaines, je suis consterné par cette campagne aveugle du « tout contre Sarkozy », qui dévoile de façon encore plus manifeste le manque d’engouement, de soutien, d’intérêt même, pour Ségolène Royal. Une campagne qui ne fera qu’amplifier le succès de Nicolas Sarkozy.

Oublions une fois pour toutes ce monsieur, arrêtons de le faire exister.

 

Le seul moyen de faire gagner Ségolène Royal, ou si vous préférez, de battre Nicolas Sarkozy, c’est d’être derrière elle, c’est de soutenir activement et avec conviction, non pas tant sa personne, si cela est trop dur, mais au moins le programme qu’elle défend.

Je ne suis ni membre du PS, ni affilié à une quelconque organisation politique, je souhaite juste témoigner ici que je soutiens Ségolène Royal depuis le mois de septembre dernier, et n’ai jamais cessé de la soutenir. Ma tentation Bayrou a été assez précoce (fin février) et n’a pas duré une semaine. Le programme de Ségolène Royal est celui avec lequel j’ai définitivement le plus d’affinités, par les bases qu’il propose pour garantir une société de générosité et de partage, où l’on sera davantage porté vers l’autre que vers soi-même, tout en s’assurant de toute la justesse, la rigueur, du respect de la responsabilité de chacun, et de toute la clairvoyance nécessaire sur le plan économique, car (je cite son adversaire, qui n’a pas le monopole du bon sens) « la fraternité et le partage ne peut être possible que si l’on crée des richesses ». Nous noterons au passage que notre société s’est sans doute surtout appauvrie en humanisme ces dernières années.

Ségolène Royal n’est pas bonne communicante, elle n’a pas la finesse et la sournoiserie de l’homo politicus, elle semble n’être pas encore tout à fait prête pour l’expérience d’une campagne présidentielle - qu’en serait-il pour la fonction présidentielle… Ségolène Royal ne rassure pas l’électeur exigeant et impatient, elle inquiète, elle déçoit, etc.

Si elle n’est pas élue cette fois, Ségolène Royal n’aura peut-être pas droit à une seconde chance. Cela serait un cas unique. Elle paiera cher son audace, elle paiera cher son avance.

Pourtant, si elle perd cette élection, si elle est écartée par la suite, elle apparaîtra immanquablement, tôt ou tard, comme celle qui a montré la voie, celle qui aura amorcé une évolution profonde de la gauche « modérée » (allez, centriste ?...), celle qui aura su (ré)concilier valeurs de gauche (solidarité, fraternité) avec la rigueur, l’honnêteté, la transparence, la justesse, tout cela emmené par la passion de ses convictions, et non par calcul politique.

Si Ségolène Royal perd cette élection, si elle disparaît du paysage politique, elle manquera rapidement à la gauche et provoquera un appel d’air.

Si Ségolène Royal perd cette fois-ci, sa victoire ne sera remise qu’à plus tard, soit par elle-même, soit au travers d’un autre candidat (sans doute masculin, cette fois…), qui continuera tout le travail qu’elle a déjà accompli.

Franchement, quitte à ce qu’elle gagne un jour, autant que ce soit tout de suite.




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