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Dans un entretien accordée à 6 journalistes diffusée demain dans 60 titres de la presse quotidenne régionale et déjà en ligne sur liberation.fr, Nicolas Sarkozy annonce officiellement sa candidature à l'élection présidentielle. Petite tentative de décryptage d'une interview-discours entre bon sens populaire, volontarisme verbal, pompage à gauche et lyrisme : un bonheur !
Etes-vous candidat à l'élection présidentielle ?
Ma réponse est oui.(J'avais un peur que tu te démotives et
que tu n’y ailles pas mais me voilà rassuré. En plus tu es directement candidat à l'élection présidentielle et pas à l'investiture UMP, c'est dire si tu es motivé)
Pourquoi ?
C'est une décision mûrement réfléchie. (Oui depuis le temps que tu y penses,
le minimum était d’y réfléchir un peu.) A titre personnel, elle n'était pas
évidente. (Genre tu as failli ne pas y aller ? ) Cette décision
m'engage ; c'est le choix d'une vie. C'est une lourde responsabilité vis-à-vis
des Français auxquels je demande de me faire confiance. Je me sens la force,
l'énergie et l'envie de proposer une autre vision de la France. (Et
sinon, tu as aussi un grand sens de
l’organisation et un goût du travail en équipe ? «Le CV pour
les Nuls » est définitivement un best seller) J’ai l'ambition de créer une
nouvelle relation avec les Français qui repose sur deux mots : confiance et
respect, confiance en la parole donnée et respect de chaque Français pris
individuellement. (Je chipote mais c’est pas un brin redondant « chaque
Français pris individuellement ». Bon, au moins, on saisit bien ton
goût pour l’indidualisme et c'est bien l'essentiel)
Quel contenu donnez-vous à cette nouvelle relation ?
Faire de la France le pays où «tout peut devenir possible». (J’entend d’ici
la voix des Français s’élever au dessus du pays, tous ces prieurs d’Angelus de Millet se redresser pour communier
ensemble à la bonne nouvelle et unir leurs félicités nouvelles dans un vibrant « Désormais, tout est possible ! » J’en
frissonne d’émotion.)
Pourquoi maintenant cette annonce de candidature ?
Je m'étais engagé auprès du président de la République à ce que 2006 soit
consacré au travail gouvernemental et que la campagne ne démarre qu'en fin
d'année. J'ai respecté mon engagement. (Youpi, tu y arrives donc parfois) Dans
cette campagne je dirai tout avant afin de pouvoir tout faire après. (Le
slogan pour les Nuls Volume 2 ?) Notre démocratie a besoin de
franchise, d'honnêteté, de vérité. (et de transparence, de sincérité, de
probité, d’intégrité et d’un dictionnaire de synonymes plus épais ?)
Avez-vous fixé un terme à votre présence au gouvernement ?
Il est trop tôt pour répondre parce que ma famille politique n'a pas encore
décidé de me soutenir. En tout état de cause, je ne serai plus ministre au
moment de l'élection: en cela je serai le premier à m'imposer cette règle contraignante.
Vous êtes en pré-campagne depuis des années. Qu'est-ce qui va changer
désormais ?
Depuis des années, j'ai la même volonté de renouveler le débat public. Je vais
maintenant m'adresser à tous les Français, sans exception. Je pense entre
autres aux catégories de la population auxquelles nous n'avons pas assez parlé
: aux fonctionnaires, aux Français les plus récents, aux femmes, aux jeunes, à
ceux qui n'ont plus d'espoir. (Oh oui, Nicolas, parle moi et redonne moi
l’espoir !) Je vais leur parler de la France et de leur avenir. (C’est
touchant mais on va s’organiser comment ? Tu passes à la maison et on
discute de mon avenir au coin du feu ? En fait, tu as un délicieux côté
Père Castor quand tu proposes de me parler de la France, toi qui a tant à m’apprendre
à son sujet) J'appelle la droite républicaine et le centre à s'ouvrir aux
idées nouvelles afin que tous les Français puissent se reconnaître en nous.
Votre programme sera-t-il UMP ?
Lionel Jospin avait dit, en 2002, que son programme n'était pas socialiste.
L'électorat socialiste l'a «compris». Il n'a pas voté pour lui. Qu'on ne compte
pas sur moi pour tenir un discours qui ne soit pas fidèle aux valeurs de la
droite et du centre. J'aime mon pays, je crois aux vertus du travail, du
mérite, de la récompense et de l'effort. Mais je ne suis pas un conservateur
car je crois au mouvement. L'ordre n'est acceptable que s'il est en mouvement.
L'ordre juste, c'est juste de l'ordre. (Et on remercie vivement le
strauss-kahnien Jean-Christophe Cambaldelis pour la formule) Je veux que
l'avenir redevienne une promesse et cesse d'être une menace. (Tiens, comme
le sociologue Alain Mergier dans L’Hebdo du Parti Socialiste de septembre 2006.
Gaffe, tu vas finir par passer pour un des leurs, à force de les citer) Les
Français attendent des raisons d'espérer. Il n'y a de fatalité que pour ceux
qui renoncent. (Dans ton discours du 28 novembre 2004 au Bourget, tu
promettais d’ « expliquer sans relâche qu’il n’y a de fatalité que pour
celui qui a choisi de renoncer», tu t’y tiens, c’est bien. Tu devrais le faire
breveter comme proverbe, ça sonne bien et ça ne mange pas de pain.) Je n'en serai jamais.
Le mot rupture fait-il encore partie du vocabulaire de Nicolas Sarkozy ?
Oui car je veux rompre avec une façon de faire de la politique. Rompre, ce
n'est pas la crise. (C’est ce que disait C.S pour dédramatiser son voyage à
New York ?)A ceux qui voudraient m'appeler à la continuité, je pose la
question : êtes-vous sûrs d'être en harmonie avec les Français ? Je veux rompre
avec l'idée que l'on peut travailler moins et gagner plus (on n’aura plus le
droit de le penser ou juste de l’exprimer ?) , qu'en accueillant tout
le monde (Pas bête l’idée de dire « tout le monde » plutôt que
ceux qui le souhaitent, c’est tellement impressionnant l’image de toute la
population mondiale qui frappe à la porte de la France. Remarque, à force
d’être exemplaire aux yeux du monde, ca nous pend au nez) on peut intégrer
convenablement (et en accueillant « un certain nombre » de
personnes ca devient jouable un peu ou bien on les laisse juste mourir ?),
qu'on démocratise l'enseignement en abaissant le niveau des diplômes (et que
manger gras protège du cholestérol, et que le tabac prolge l’espérance de
vie ? Quelle courage tu as d’oser ce genre de rupture idéologique). A
mon poste de ministre, j'ai profondément changé les choses. Je veux remettre la
société française en mouvement. (Bizarrement, quand je t’entends dire ça, je
pense à la phrase adressé à un de ses opposants par un politicien auquel
les mauvaises langues t’associent souvent : "je vais te faire courir,
moi !" Et bizarrement encore, ça me fait un peu peur.)
Ségolène Royal n'incarne-t-elle pas mieux cette rupture ?
Le PS a choisi l'immobilisme. Je veux incarner le mouvement. Dans un monde qui
bouge si vite qui peut penser que l'on peut demeurer immobile. Je veux une
rupture tranquille.(Spéciale dédicace à François Mitterrand. Dis, Nicolas,
tu es sûr que ton programme n’est pas socialiste ?) Cela fait quatre ans et demi que je gère la
sécurité de la France. Cela demande beaucoup d'expérience et de maîtrise. Je
veux les mettre au service de la France. (Et ton dynamisme et ta motivation
tu veux les mettre au service de l’entreprise ? Sérieux, là, Nico, ça se
voit que tu pompes « Le CV pour les Nuls »)
Quelle rupture incarnez-vous par rapport à Jacques Chirac ?
On peut être fidèle à son histoire, fier de son bilan et proposer pour les cinq
années à venir un autre chemin. Je souhaite un président responsable et des
contre-pouvoirs plus forts. Imaginer l'avenir et l'incarner c'est désormais ma
mission.
On vous dit atlantiste, communautariste et libéral...
On dit tant de choses fausses et caricaturales ! Communautariste ? C'est un
message. Je n'accepte pas qu'on importe des usages et des coutumes non
conformes à nos valeurs républicaines. Atlantiste ? On est d'autant plus
indépendant qu'on est amis. Libéral ? Cela serait réducteur. Je crois en la
liberté.(Celle du faible ou celle du fort ?) Mais je ne suis pas un
idéologue. Et je pense que l'Etat et les services publics ne doivent pas être
condamnés à l'impuissance. Ils ont tous leur rôle dans la société moderne que
je veux bâtir.
Le PS est désormais en ordre de marche derrière sa candidate. A l'UMP, vous
en êtes loin
Rarement la famille politique que je préside n'a été aussi rassemblée (Chirac-Chaban,
Chirac-Giscard, Chirac-Balladur, Sarkozy-MAM… Une autre manière de dire était « la
famille politique que je préside a rarement été tellement moins divisée).
Je n'y considère personne comme un adversaire .(Comme une cible alors, une
proie, une victime ?)
Ce qui n'empêche pas des velléités.
Ce ne sont pas des velléités, ce sont des talents. Je les prends en compte car
toutes les ambitions sont légitimes.
Jacques Chirac a eu 74 ans hier. Que lui souhaitez-vous ?
D'être heureux. (Et de reposer en paix).